MOVEMBER, pour quoi ?

Derrière la moustache, Movember s'attaque à trois problèmes de santé qui touchent des dizaines de milliers d'hommes en France chaque année. Voici ce qu'il faut savoir.

Une idée de bar devenue fondation mondiale

En 2003, à Melbourne, quelques amis se lancent le pari de faire revenir la moustache à l’honneur. Ils décident ensuite de reverser l'argent récolté à une bonne cause et constatent que la santé masculine est peu soutenue. En 2004, leur fondation collecte ses premiers dons pour la recherche sur le cancer de la prostate.

Le combat s'élargit ensuite au cancer du testicule, puis à la santé mentale et à la prévention du suicide. La campagne est lancée officiellement en France en 2012. Selon la fondation, plus de 1 320 projets de santé masculine ont été financés dans le monde depuis sa création.

Les chiffres clés en France

Ce qu'il faut retenir

Cancer de la prostate

1er cancer de l'homme ; plus de 50 000 nouveaux cas par an ; 3e cause de décès par cancer chez l'homme

Source : INCa / Sante.fr

Cancer du testicule

Environ 2 700 nouveaux cas par an ; âge médian au diagnostic : 36 ans ; survie à 5 ans d'environ 97 %

Source : Santé publique France

Suicide

Les hommes représentent environ 75 % des décès par suicide

Source : Santé publique France, via Fréquence Médicale

Le cancer de la prostate : fréquent mais souvent guérissable

La prostate est une petite glande située sous la vessie. Son cancer est rare avant 50 ans, puis devient plus fréquent avec l'âge. Bonne nouvelle : son pronostic est généralement très bon, surtout quand il est pris en charge tôt.

Il n'existe pas en France de dépistage organisé pour tous, comme pour le cancer du sein. Le dépistage individuel repose sur une prise de sang (dosage du PSA) et un examen clinique. Il présente des avantages mais aussi des risques de surdiagnostic : la décision se prend donc avec son médecin, en connaissance de cause.

Le cancer du testicule : le cancer de l'homme jeune

C'est le cancer le plus fréquent chez les hommes de 15 à 35 ans. Il se manifeste le plus souvent par une boule ou un durcissement indolore du testicule. Bien soigné, il guérit dans la grande majorité des cas.

Le bon réflexe est l'autopalpation : un examen rapide, une fois par mois, idéalement sous la douche. Toute anomalie doit conduire à consulter un médecin sans attendre. Le principal danger reste le retard de diagnostic, car les jeunes hommes consultent peu.

La santé mentale : briser le silence

Les femmes déclarent davantage de tentatives de suicide, mais les hommes meurent beaucoup plus souvent par suicide. Une des raisons avancées : les hommes demandent moins d'aide, alors qu'ils n'en ont pas moins besoin.

Movember invite donc chacun à repérer les signaux chez un proche : repli sur soi, irritabilité, perte d'intérêt, consommation d'alcool en hausse. Poser une question simple, comme « Comment tu vas, vraiment ? », peut ouvrir la porte.

En cas de détresse, pour soi ou pour un proche, le 3114, numéro national de prévention du suicide, répond gratuitement 24 h/24 et 7 j/7.

Comment participer ?

  • Faire pousser sa moustache : on se rase le 1er novembre et on collecte des dons tout le mois.

  • Bouger : relever le défi de parcourir 60 km en novembre, en courant ou en marchant.

  • Organiser un événement : match, tournoi, soirée ou collecte au sein d'un club ou d'une entreprise.

  • Donner : directement sur le site de la fondation ou à un participant.

Le mouvement a aussi ses critiques : en 2012, le British Medical Journal lui reprochait d'insister trop sur le dépistage sans tenir compte des recommandations du NHS (National Health Service). Une raison de plus pour en parler avec son médecin.

Sources

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