Un collégien sur cinq ne fait pas de sport régulièrement – OMSV
Jeunesse & Sport  ·  INJEP n°85  ·  Avril 2025

Un collégien sur cinq ne fait pas de sport régulièrement pendant ses loisirs

À 13-14 ans, 18 % des collégiens sont sédentaires pendant leur temps libre. Qui sont-ils, et pourquoi ? Une étude de l'INJEP dresse leur portrait et décrypte leurs freins.

18% des collégiens peu ou pas sportifs en 2019
22% des filles, contre 14 % des garçons
119e rang de la France sur 146 pays (OMS)

Filles et milieux populaires : les plus éloignés du sport

Les filles représentent 61 % des collégiens éloignés du sport. L'inégalité sociale est aussi frappante : 27 % des enfants d'inactifs sont peu ou pas sportifs, contre seulement 10 % des enfants de cadres.

Mais ces écarts sociaux s'effacent presque entièrement une fois qu'on tient compte du rapport au sport des parents. C'est la transmission familiale qui prime : quand les deux parents ne font jamais de sport, 26 % des jeunes sont eux-mêmes inactifs — contre 9 à 11 % lorsqu'un parent pratique plusieurs fois par semaine.

Partir en vacances d'été ou en colonies à 13 ans est aussi un facteur protecteur fort, indépendamment du milieu social.

Les vrais freins : isolement et peur de ne pas être à la hauteur

Contrairement aux idées reçues, l'absence de goût pour le sport ne concerne qu'une minorité (29 %). La grande majorité des collégiens peu sportifs ont une vision positive du sport — mais se heurtent à des obstacles concrets.

Pas agréable seul
56%
Faut être performant
45%
Prend trop de temps
35%
Coûte trop cher
32%
Équipements trop loin
30%
N'a jamais aimé le sport
29%

Part des collégiens peu ou pas sportifs évoquant chaque frein


Six portraits de jeunes éloignés du sport

L'étude identifie six profils distincts, du plus proche au plus éloigné de l'envie de pratiquer :

Les empêchés
22 % des peu sportifs
Aiment le sport, ont des parents sportifs, mais sont bloqués par des contraintes pratiques — coût, éloignement, manque de temps.
Les isolés
14 % des peu sportifs
Aiment le sport mais n'ont personne avec qui le pratiquer. Souvent enfants uniques ou de bon niveau scolaire.
Les convaincus non intéressés
11 % des peu sportifs
Vision très positive du sport mais peu d'intérêt pour le suivre ou y participer. Souvent enfants de cadres.
Les partagés
29 % des peu sportifs
Voient les bénéfices mais cumulent freins et manque d'attrait. Profil le plus répandu, majoritairement des filles.
Les non-motivés
14 % des peu sportifs
Peu convaincus des bienfaits du sport et peu intéressés. Pas de frein particulier, juste une indifférence profonde.
Les anti-sport
10 % des peu sportifs
Rejet fort et explicite. 82 % n'ont jamais aimé le sport. Groupe le plus féminin, parents eux-mêmes inactifs.

Une vision du sport majoritairement positive

Fait remarquable : 85 % des collégiens peu sportifs reconnaissent que le sport permet de rester en bonne santé. Plus des deux tiers voient ses effets positifs sur l'apparence physique et le plaisir.

Ce n'est donc pas une question de perception négative du sport, mais bien d'obstacles à franchir pour accéder à la pratique. Pour la majorité des jeunes sédentaires, la solution n'est pas de les « convaincre » que le sport est bon — ils le savent déjà. Il faut leur trouver des partenaires, réduire les coûts, rapprocher les équipements.