Mon premier Marathon de Paris

par Stéphanie Genin

« J’avais dit « plus jamais », le marathon c’est trop dur, la souffrance qui s’installe au 30e kilomètre, la tête qui bataille avec le corps et celui-ci qui ne veut rien lâcher jusqu’à l’arrivée, ça suffit ! Et puis, on se laisse convaincre, titiller par l’excitation du défi, « allez, cap, c’est Paris quoi ! ». Et on dit oui aux amis, plus ou moins bien préparé, le panache en gage du possible, finalement galvanisé par la beauté de l’événement.
Il y a d’emblée dans le nom de la course un air de victoire, la bataille a déjà été gagnée encore faut-il être en mesure de l’annoncer et le sens de l’effort prend un tour différent : le coureur est porteur et symbole en continu de sa propre victoire ! Courir dans Paris est comme un tour d’honneur.

Sur la ligne de départ, l’arche rappelle la frise du Parthénon, à la gloire des héros de la bataille de Marathon et chacun s’apprête à faire revivre la foulée du premier « marathonien » de l’Histoire, l’émissaire Euclès, envoyé à Athènes pour annoncer la bonne nouvelle. Lui avait mis 4h et chacun dans son sas échafaude sa propre stratégie pour assurer sa mission de « finisher » dans les délais. Lui était tombé de fatigue aux pieds de la porte des magistrats, ici chacun bourre sa ceinture ou son sac d’antidotes aux coups de mou pour arriver le plus « frais » possible.
Les monuments de chaque quartier déroulent leur tapis pour accueillir les coureurs qui se voient obligés de se redresser devant leur hauteur, de répondre aux encouragements de la foule qui les acclame et de continuer, kilomètre après kilomètre, à raconter l’Histoire de la ville, d’un jour, de 4h, de cette commémoration du courage qui n’attend qu’à trouver son message à apporter.

Chacun le saura à l’arrivée, chrono ou pas, mais sourire aux lèvres, tombant seulement dans les bras fraternels de la fierté. »